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(...)
la racine ne les met pas en relation avec manere grec (menein)
qui a donné maison ou demeure, comme je le croyais ; pas plus
qu’avec un mano – manare
qui signifie écoulement ou source qui a donné l’espagnol manantial
(agua de manantial), mais avec un autre ma – ayant rapport
aux divinités bienveillantes, aux daïmones, et qui correspond au lar
– des lares ou larvae,
en français, les lares ou larves désignant aussi les morts et tout
ce qui s’y rattache d’âme et de divin, mais en puissance, en devenir. |
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Daïmon
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Il
est évident, j'allais dire « clair » si précisément
nous n’étions dans le domaine des ombres
que ces mânes, démons, larves, portent des prédicats contradictoires,
que leur bienveillance n'est dite que par euphémisme, qu’ils véhiculent
avec eux la crainte et l’inquiétude. Ce sont des semi-êtres, essentiellement
voilés dans leur apparition qui est à la fois familière et inquiétante :
Inquiétante étrangeté du familier. |
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Ta série évoque à merveille
cette naissance des formes voilées issues de l’invisible, la procession
des héros où l’on croit déceler des casques, des heaumes, des gantelets,
la vibration, sous le voile, des crânes au rire éternel. C’est très saisissant.
Dautant plus qu’il y a une concordance certaine une rencontre qui n’est
pas que de hasard, entre le thème que tu as choisi : les Mânes, et
la gravure en elle-même, dans son origine, comme inscription funéraire :
parfaite convenance du moyen à l’idée.
René
Schérer (Extrait d’une lettre à Martine Rassineux, 8
septembre 1995.)
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