Martine Rassineux vous présente une oeuvre issue des profondeurs de l’être,
énigmatique en partie, comme lui.
Ponctuée de petites huiles sur papier appartenant à des ensembles parallèles,
une double série de gravures réalisées à
l'eau-forte interpelle le spectateur par leur présence, massive parfois comme celles consacrées à la figure du Roi, elliptiques, minimales presque, pour la série des Anges.
Aux frontières de la figuration,
Martine Rassineux se propose d'agir sur l'esprit et la sensibilité du spectateur en impressionnant son regard par une succession de formes primitives voire même primales, renvoyant
par leur relative indétermination à des réseaux d'images enfouies dans la mémoire que chacun est alors invité à associer, en fonction de sa culture, de son histoire de sa personnalité
propre. Ainsi, de la dernière gravure de la série des Rois qui selon les regards convoque aussi bien le thème du masque que celui du Minotaure,
l'idée antique du trophée que la légende médiévale du coeur mangé. Partant de l'abstraction vers la figure, l'artiste évite cependant farouchement la tentation de l'illusionnisme et son travail opère enréalité comme un piège dans lequel l'espritaniméprovoqué par les formes et la couleur est conduit de la surface de l'oeuvre, qui est d'ordre matériel, à un au-delà de celle-ci qui est de l'ordre de l'être, infigurable par nature. C'est ainsi que ce que l'artiste donne à voir apparaît finalement comme une dynamique, un élan, une tension désignant autre chose, un peu comme la flèche désignerait la cible.
Les Rois - Huile sur papier de Chine
Les Anges - Eau-forte sur cuivre