Michael Caine
est né en 1959 à Leeds, Yorkshire,
Angleterre.
Vit
et travaille
à Paris depuis 1990. Enseigne la typographie
dans les Arts du Livre à l’Ecole Estienne depuis 1993.
DIPLÔMES
Baccalauréat en français (St Thomas Aquinas
RCGS 1970-1977) - Année préparatoire (Jacob Kramer College 1978-1979)
- Licence Communication Visuelle (London College Printing B.A
1979-1982) - D.E.A. Gravure, Master of Arts (M.A.R.C.A., Royal
College of Art 1987-1989)
DISTINCTION ET PRIX
1981 Maquette d’un livre à partir d’un
poème de Maïakovski pour le centenaire du pont de Brooklyn Bridge
à New York
1985 Commande de la Ville de Newcastle et Northern Arts (Angleterre)
pour créér un espace poésie dans le sol de la gare centrale du
nouveau système de métro, en collaboration avec le poète Tony
Harrison. Prévu à encastrer des lettres en bronze dans le terrazzo
de l’entrée de la gare.
1987 Galerie éditions Graphiques à Londres commande une reliure-sculpture
pour mon édition du poème “Place de la Concorde” de René Crevel
1993 Prix Guy Levis Mano lauréat de typographie.
1999 est nommé Elève-successeur de François Da Ros typographe,
Maître d’Art du Patrimoine, titre décerné par le Ministère de
la Culture. Notre mission est d’assurer la pérennité et
la transmission de la typographie
au plomb mobile. A cette fin, j’ai pris sous mon aile deux stagiaires,
futurs typographes qui travaillent
comme assistants dans mon atelier-imprimerie. Souvent, j’accueille
aussi des personnes intéressées par cette activité, et j’essaie
de partager avec le plus grand nombre ma passion pour les arts
du Livre. Travail “d’évangéliste” : du Beau Livre fait main selon
les techniques traditionnelles, composition Lettre
à Lettre et impression feuille à feuille sur presse manuelle.
MICHAEL CAINE
imprimeur-éditeur-typographe-graveur
indépendant
Depuis 1990, Installé à Paris. Dans un
premier temps, en partenariat avec Jean-Luc Lerebourg, imprimeur-typographe,
sur des projets de livres pour commanditaires : Carte Blanche
(Auvers-sur-Oise), Dorothea Keeser à Hambourg, galerie Matarasso
Nice, Artistes à la Bastille, galerie Biren Paris, atelier taille-douce
Maurice Felt Paris etc., avec les artistes Olivier Debré, Baltazar,
Miotte, Garnier, Prillard, Warnier.
En 1993, après le départ de J-L. Lerebourg, je reprends l’Atelier
de la Cerisaie à mon compte. Environ dix projets par an. Ces réalisations
sont pour la plupart des commandes de livres d’artiste émanant
de galeries, éditeurs, artistes, écrivains et d’autres ateliers
d’arts graphiques et institutions.
Entre 1993 et 2003, travaille sur les textes d’auteurs contemporains
: Butor, Arrabal, Mizon, Quignard, Pleynet, White, Sicard, Bianu,
Guimet, De Obaldia, Jouffroy, Lascault, Rojas, Pachès, Philippe.
Parmi les artistes collaborant sur ces projets : Cécile Reims,
Fred Deux, André François, Mikio Watanabé, Nathalie Grall, Scanreigh,
Jörg Hermlu, Yolaine Carlier, Sylvie Ulmann, Antonio Ségui, Riopelle,
Llinàs.
En 1998, travaille pour l’exposition “Hommage à Jean Marais” au
Musée de la Vie Romantique à Paris, impression d’un livre de poèmes
de Jean Cocteau à Jean Marais.
En 1999, l’atelier fait les essais pour le générique du film,
“La Neuvième Porte”, de Roman Polanski (dans un style typographique
imitant les toutes premières éditions de l’oeuvre de Shakespeare).
En 2003, création du menu, composé et imprimé à la main, pour
le repas unique qui fête le millionième canard commandé,
au restaurant La Tour d’Argent à Paris.
PARCOURS PROFESSIONNEL
1977-1978 assistant fabrication à AB,
agence de publicité, Leeds - Angleterre
1984-1985 assistant Florin Press, Imprimerie d’Art, Kent - Angleterre
1985-1986 professeur Communication Visuelle, Limerick Art College
- Irlande
1986-1987 professeur en Typographie
dans diverses écoles en Angleterre
1990-1991 professeur en Typographie
à l’Académie Charpentier - Paris
1991-1992 professeur en Communication Visuelle à l’école MK21
- Paris
1993-2003 professeur Métiers d’art à l’école Estienne - Paris
EXPOSITIONS
1981 New Contemporaries (sélection des
écoles d’art anglaises) ICA - Londres
1982 New Contemporaries ICA - Londres
1982 Bookshop by the Fountain, Camden - Londres
1983 British Fine Printing, St Lawrence’s Church - Londres
1984 British Artists Books since 1970, Atlantis Gallery - Londres
1985 Livres d’artistes en Grande Bretagne, Canterbury Art School
- Kent
1985 Work in Progress, St Paul’s Gallery - Leeds
1985 Presses privées, Lausanne - Suisse
1985 Horizons in Bookbinding, Brighton Polytechnic - Sussex
1986 Lament - Lorca, exposition individuelle, National Theatre
- Londres
1986 Travail avec le poète Tony Harrison, Dillons Bookshop - Londres
1989 Gulbenkian Gallery, RCA - London
1990 Woodcut to Computer, British Printmaking, Royal Festival
Hall - Londres
1991 Totally Intaglio, travelling exhibition, divers galeries
- Angleterre
1992 Le livre d’artiste en France, Mairie du VIe arrdt - Paris
1993 Crevelerie, librairie Nicaise - Paris
1993 Guy Levis Mano et ses lauréats, Bibliothèque du Havre
1994 Change the Context, Dean Clough Gallery, Halifax - UK
1994 SAGA, Espace Branly - Paris
1996 La Typographie en France, école
Maximilien Vox - Paris
1997 Artists Books Today, Bristol Institute of Art & Design -
UK
1997 Métiers d’art graphiques, cinéma du 13e arrdt - Paris
1998 Mapping art. University of Colchester - UK
1999 James Joyce’s Typewriter, (sélection parmi les meilleurs
livres dans les réserves des bibliothèques des écoles d’art à
Londres) London Institute - UK
2000 Typographes en France, école
Estienne - Paris
2001 Editions Petropolis (Michael Caine), librairie Karl Lagerfeld
- Paris
BIBLIOGRAPHIE
En Angleterre, dans les revues CITY
LIMITS, CRAFTS, TLS, TIMES Educational, THE FACE, ARTS REVIEW,
GRAPHICS TODAY, BASELINE.
En France, dans PARIS MATCH, FIGARO (Artistes en toutes
lettres), AZART, CARACTERE. ARTS & MÉTIERS DU LIVRE.
Articles conséquents rédigés par Michael Caine pour deux numéros
de la revue MATRIX (éditée une fois par an, à 800 exemplaires,
par Whittington Press et entièrement réalisée en typographie
traditionnelle). Dans TYPOGRAPHICA (en Angleterre), un
article parlant de son activité d’imprimeur-typographe
et de l’historique des caractères typographiques.
AUTEURS
ÉDITÉS PAR MICHAEL
CAINE
de
1982 à 2003 sous
divers pseudonymes
(Scargill, Squirrelprick, T’Old Peacock, Rosbif et finalement
Petropolis) :
Tony HARRISON, Peter READING, Marina TSVETAEVA, Samuel Beckett,
Pablo
NERUDA, Ezra POUND, Anna AKHMATOVA,
Georg TRAKL, René CREVEL, Wallace STEVENS, WH AUDEN, Pierre Mac
ORLAN, Louis MACNEICE, Garcia LORCA, Jacques BREL, Velimir KHLEBNIKOV.
Tous ces ouvrages, composés à la
main et imprimés par l'éditeur sont accompagnés
de gravures originales de Michael Caine.
HISTORIQUE DE L’ACTIVITE DE MICHAEL CAINE
Dès 1979, tout à fait par hasard, j’ai découvert la vocation de
presse privée/gentleman-éditeur dans les premiers mois
d’études au London College of Printing, où j’étais sensé devenir
un bon “graphic designer” avec un avenir de directeur artistique,
soit dans la publicité soit dans le design.
Trop ému par la poésie du XXe siècle et les grands auteurs (pas
forcément à l’instar de mes collègues) pour vouloir dévouer mes
jours à des projets éphémères encensant les vertus de telle ou
telle marque de poudre à lessive, j’ai totalement raté ma vocation
de “graphic designer”. Au grand désarroi de l’équipe pédagogique,
j’abandonne les sujets imposés (ou plutôt proposés) et décide
de me consacrer à la réalisation de «livres» inspirés par mes
poètes et compositeurs de musique préférés. Je devins foncièrement
récalcitrant et n’arrivai plus à m’en défaire. Je pris vilain
plaisir à faire justement ce qu’il ne faut pas faire et
me rendis compte que je pourrais faire un métier de cette devise.
Je me donne la mission d’apprendre la chaîne de fabrication d’un
livre, commencant au tout début : la conception
graphique, et terminant au cours de reliure
élémentaire, afin de jouir d’une indépendance et d'un contrôle
total dans la réalisation de mes propres ouvrages. j’ai également
fait un détour dans différents ateliers d’impression pour essayer
de décéler les mystérieuses ficelles de la lithographie,
de la gravure sur bois et de la taille-douce.
En trois ans, j’ai réussi à achever 172 productions, entièrement
réalisées à la main, prenant comme
inspiration des textes de poètes européens modernes confirmés
tels Aragon, Garcia Lorca, Rilke, Apollinaire, Ritsos, Maïakovski,
Auden, Eluard. Les éditions étaient toujours illustrées de mes
propres gravures, on y trouve la gravure
sur bois de fil, la gravure sur bois
de bout, la sérigraphie, l’eau-forte
et la lithographie, parfois même
du dessin original.
Grand passionné de littérature, je suis devenu un adepte et voue
un culte au Livre fait main, le beau
Livre. Au fil des ans, je me suis nourris de la si belle
et si facinante histoire du Livre,
de la Lettre et de l’Imprimerie.
Ensuite, quittant le London Collège Printing, j’ai travaillé comme
assistant à l’imprimerie du Florin Press où les méthodes ancestrales
de tirage étaient encore pratiquées : les presses à bras dressées
en véritable velin, encrage à main levée sur des papiers humidifiés
selon une technique bien particulière. La presse a tiré des bois
originaux de Thomas Bewick du XVIIIe siècle. Le propriétaire,
Graham Williams, féru de Joseph Moxon, s’apprêtait à tester une
technique ancienne où, au préalable, on trempait des langes dans
un seau rempli d’urine de chien pour amorcer l’impact de la platine.
Historiquement, cette corvée tombait toujours sur l’apprenti qui,
à six heures du matin en plein hiver se trouvait obligé d’aller
à la pêche dans cette solution nauséabonde et sans doute,
plutôt gélée. Filant à l’anglaise, je suis donc parti en Irlande;
mon sens du devoir ayant ses limites...
Trois collaborations ont suivi avec le poète Tony Harrison, qui
avait traduit L’Orestie dans le dialecte du nord de l’Angleterre
pour le Théâtre National à Londres. Le Times surnomma Harrison
the gangster of British poetry. Originaire tous les deux
de la même ville industrielle de Leeds (jumelée avec Lille), et
troublés par la politique d’un gouvernement Thatcherien ouvertement
philistin et anti-culture, nous cherchions à déranger.
Harrison écrivit un long poème intitulé V., en quelque sorte un
cri-du-cœur pour les gens du Nord qui se trouvaient éternellement
au chômage. Le fond du texte décrivait aussi la lutte amère dans
les mines de charbon. Le poème fut vilipendé par la presse de
droite pour son, soi-disant, grand nombre de jurons outranciers.
Jamais aucun poète n’avait fait la une du Daily Mail, qui
publia le décompte précis de tous les blasphèmes; cette mauvaise
publicité assura donc un audimat faramineux le soir de sa diffusion
sur Channel Four, la chaîne culturelle marginale.
Du jour au lendemain, Harrison devint le poète le plus médiatisé
d’Angleterre; bien que président de la Société des Classiques
et expert en latin et grec, on attendait justement qu’il emploie
des obscénités anglo-saxonnes. Je devins son
imprimeur attitré. Au Théâtre National, j’exposai le fruit
principal de notre collaboration, The Rhubarbarians, livre
panoramique de quelques cinq mètres de long. Notre exposition,
LAMENT accompagnait la première production de la pièce
Yerma par Lorca au TN. Voulant vivre avec de beaux poèmes
sur les murs afin de mieux les assimiler et les mémoriser, j’ai
spécialement mis en oeuvre des poster-poems de très grand
format des gacelas de Lorca; images réalisées à partir
de monotypes rehaussés à la main et textes manuscrits en couleur
au crayon et au pinceau. Succès d’estime inestimable.
J’adoptai définitivement la maxime de Baudelaire, Ne confondez
jamais les bonnes actions avec les beaux mots.
Objectif : faire réagir les gens, respecter les règles de bon
goût, travailler avec soin et rigueur, faire les choses Bien,
mais toujours réussir à être un emmerdeur - doté de finesse...
Autre critère : éditer les textes qui ont vraiment le mérite d’exister
et d’être traités spécialement : composition
Lettre à Lettre et impression typographique
manuelle, permettant de surveiller le tirage feuille à
feuille au sortir de la presse.
Changeant régulièrement de nom d’éditeur (Scargill, Squirrelprick,
T’Old Peacock, Rosbif et finalement Petropolis), j’ai réussi à
sortir, entre 1982 et 2003, au moins un livre par an, et parfois
jusqu’à cinq.
Au Royal College of Art, où, en 1987 j’ai été engagé comme spécialiste
créateur de livres, j’ai réalisé un livre-bookwork, avec des poèmes
de René Crevel, l’ensemble réalisé en sérigraphie au format in-plano
Jésus. Cet ouvrage remporta le prix décerné par le British Printmakers
Council pour l’année 1989 et me valut l’attribution du Prix d’Excellence
décerné par Fleur Cowles (parmi cinq autres élèves
de l’Ecole). Un an après (1990), grâce notamment au succès de
mon édition Beckett-Crevel à Paris, je décidai de m’installer
définitivement en France, reconnue traditionnellement comme le
centre de la Bibliophilie en Europe.
Trois mois après mon arrivée à Paris, et à l’étonnement général,
Madame Thatcher démissionne. (Dicton anglais : He who laughs
last, laughs loudest - celui qui rit en dernier rira le plus
fort.)
En 2003, je signe mon quarantième ouvrage, souvent inspiré par
le surréalisme français et les écrivains russes du siècle d’argent
(1890-1920). Happé par l’art nouveau et toutes les tendances
modernistes, mes livres sortent des influences de Iliazd, François-Louis
Schmied, Naum Gabo, Henry Moore, Arp, Gontcharova, les graveurs
sur bois du XIXe siècle, les films de Tarkovsky et de Paradjanov,
l’expressionisme allemand. Toute trace d’anglicisme dans mon travail
considérée avec beaucoup de mépris, répresente pour moi une espèce
de lourdeur et d’enfermement, dans les couleurs boueuses d’une
gentilité étouffante.
A présent, je nourris un très grand projet, ma Biblia
Sacra qui sera laïque; sans doute un grand texte russe
inédit de la main d’un athé, qui mettra en œuvre une grande partie
des beaux caractères typo que j’ai réussi à accumuler depuis dix
ans dans mon Atelier de la Cerisaie à Paris,
refuge
pour caractères en plomb sans
abri.
Par ailleurs, je viens d’éditer un catalogue inventaire de tous
les caractères que possède mon atelier. Cette Concaténation
de caractères typographiques, publiée en 2001, était
conçue pour aider mes clients à choisir les caractères pour leurs
projets. Entre temps, j'ai engrangé tant de trésors que cette
Concaténation n’est plus représentative
de la quantité et du choix des caractères proposés. L’atelier
a comme fonction de préserver, sauvegarder, transmettre (à travers
des éditions originales) et surtout employer des caractères intéressants
et de qualité qui sont en voie de disparition.
L’atelier a acquis des caractères de plomb
néerlandais, italiens, allemands, cyrilliques, anglais, américains,
français, écossais. L’étendue de la littérature contemporaine
est si vaste que je me sens obligé de posséder tous ces
différents caractères pour mieux
projeter ces différences culturelles.
Même si souvent ces différences sont nuancées et difficiles à
cerner, un certain caractère peut
très bien faire allemand sans qu’on puisse dire exactement
et scientifiquement pourquoi. Je cherche toujours à créer une
atmosphère bien particulière dans chacun de mes
Livres.
Pour lire le Mot juste il
faut employer la Lettre juste.
La beauté de la typographie est ici
cristallisée par la découverte perpétuelle de ces messages encodés
et occasionellement on arrive à briser la glace...