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...pour
garder l’éternité de nos enfances, je fais mes généalogies. En lavis,
je fais renaître la génération des femmes qui m’a précédée jusqu’à
Gaïa, la première. L’encre pâle est notre sang, le plexi sur lequel
je leur donne vie reçoit le fluide générateur qui fixe nos ressemblances,
la preuve de notre existence jusqu’à la mère en maillot de bain
avec un bonnet qui lui donne l’allure d’un personnage de science
fiction - à la fin il ne reste plus que son corps, sans tête. Elle
me tient par la main. Puis j’ai rapetissé jusqu’à disparaître et
laisser place à une effigie sombre éclaboussée d’océan. Ma mère
s’est effacée, elle est devenue celle qui naît et donne naissance,
le flot s’est ouvert comme une matrice et les éléments se sont confondus
pour former un trône. Dans la vapeur et la nuée les civilisations
ont défilé, la Vierge, Bouddha, Vénus, totems de fécondité, déesses
de la préhistoire et de l’antiquité, toutes les mémoires à l’infini. (Martine
Rassineux, in “La Reine-Jane”)
voir
les Généalogies
 monotypes
et lavis sur papier de Chine
exposition
au Comptoir des Ecritures
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